Modus Operandi (ModOp)

Carte d’identité

Créée en 2006 à Grenoble, l’institut de recherche et de formation en analyse et transformation de conflit (Modus Operandi) mène des activités de recherche et de formation avec comme objectif de diffuser une approche constructive du conflit. Le conflit est perçu comme un phénomène inhérent à la vie en société et comme une opportunité de changement : c’est parce que les conflits émergent, s’expriment qu’on a connaissance de certains besoins, de certaines injustices, de certaines discriminations, souffrances. Et c’est la raison pour laquelle ModOp investit un certain nombre de conflits, pour chercher à agir dessus par des méthodes non-violentes, notamment la visibilisation de la violence structurelle et la prise de parole.

Sans nier son aspect destructeur quand il est violent, le conflit est appréhendé dans son sens le plus large : comme un espace où les positions de pouvoir notamment sont remises en cause, et qui ouvre potentiellement à des transformations sociales. Les travaux de Modus Operandi étaient consacrés, dans un premier temps, à l’étude de conflits politiques et armés dans deux régions du monde : l’Afrique australe (Afrique du Sud, Namibie et Zimbabwe principalement) et l’Asie centrale (ex-soviétique, Afghanistan et Iran). Puis Modus Operandi s’est investie sur les conflictualités et les enjeux de la transformation des conflits en Afrique centrale (RDC, Cameroun, République centrafricaine, Tchad, Burundi et en Afrique de l’Ouest (Niger, Burkina Faso et Mali). Il en est de même du niveau local, sur le territoire même de Grenoble, face au besoin de plus en plus pressant de penser et de parler des conflits plus proches, ceux qui animent, bousculent et perturbent la société française. Les questions de violences urbaines et celles liées à l’asile, à Grenoble, ont constitués les fenêtres à partir desquelles Modus operandi à éprouver ces outils d’analyse.

Ce faisant, Modus operandi s’est investi dans la constitution de réseau multi-acteurs (universitaires et associatifs) notamment à travers l’Université populaire, les rencontres de géopolitique critique, les ateliers radios avec les exilés et les ateliers agir pour la paix.

Ce travail d’accompagnement, plaidoyer et transmission, s’accompagne d’une réflexion méthodologique sur la production de la connaissance. Il repose sur la forme de la relation créée avec les personnes avec lesquelles les actions de recherche sont menées et la place qui leur est réservée dans le processus de travail qui prennent la forme de leur participation et leur intégration.

L’association s’inspire pour cela des travaux sur la transformation des rapports de pouvoir asymétriques, un processus de conscientisation de tous les acteurs concernés par les sujets étudiés : ceux affectés par les conflits comme ceux qui dominent le rapports de force. Il s’agit pour les premiers de construire la confiance et rendre visible la violence structurelle subie. Les seconds doivent reconnaître leur position privilégiée afin de remettre en cause une certaine distribution de pouvoir. Une façon d’y parvenir est d’instaurer un rapport de force non-violent qui passe par l’amélioration du pouvoir d’action des personnes exclues et en particulier, la sortie de leur position de victime, le renoncement à leur traitement par l’humanitaire et le travail avec elles dans des actions partagées.

L’enjeu est de changer le regard sur l’autre dominé pour le voir comme un sujet pensant et agissant. Il prend la forme d’un plaidoyer sur la place accordée aux acteurs sur les terrains de recherche, la compréhension de la violence et le rôle de la critique.

Objectifs

L’objectif central de Modus operandi est de diffuser une approche constructive des conflits. L’idée étant de répondre aux besoins d’analyse et d’action face aux situations de conflit pour in fine éviter les situations de violences.

Pour ce faire, Modus operandi participe à doter les acteurs engagés sur les terrains de conflits d’outils conceptuels pour penser le conflit. Le conflit s’inscrit ici dans une dialectique phénomène social banal et complexe. A cet effet, le conflit ne doit pas rester dans un impensé.

Les analyses des conflits posent les bases pour des actions à entreprendre pour transformer les causes profondes à la base des conflits. Cette approche constructive des conflits vise à sortir des actions de court terme, souvent orientées vers le domaine sécuritaire, pour envisager les transformations sociales seules capables d’agir sur la violence produit par le conflit.

Sur un plan opérationnel, de développer des capacités pour agir sur la violence quand elle a surgi et prévenir l’émergence de la violence, en augmentant le nombre de praticiens capables de développer une analyse des conflictualités et d’imaginer des réponses localement adaptées.

Sur un plan général, de sensibiliser un public francophone au concept de la transformation de ou – par le – conflit, en sachant lier l’analyse à l’action et la théorie à la pratique.

Modes d’action

  • formation
  • publication d’ouvrages, de revues
  • recherche, analyse
  • mise en réseau d’acteurs

Thèmes de travail

  • migration
  • outils et méthodes
  • paix
  • démocratie